Le pétrole en mer : de sa localisation à sa récupération

Le pétrole en mer : de sa localisation à sa récupération

Aujourd'hui, 30% de la production pétrolière proviennent des gisements offshores, c'est-à-dire des réserves de pétrole se trouvant dans le sous-sol marin. En effet, depuis les années 60, les forages en haute mer se multiplient et la tendance n'est pas à la baisse…

La phase d'étude géologique

Tout processus d'exploration pétrolière commence par une étude géologique de la zone à exploiter. Une fois qu'une potentialité pétrolifère est identifiée, on s'attèle pour déterminer la forme, la nature et les spécificités des roches qui contiendraient des hydrocarbures. Pour obtenir ces résultats, un navire équipé de canons à air décharge de l'air comprimé dans la mer. Grâce à la haute pression, ils envoient des ondes sismiques dans le sous-sol marin.

Des micros extrêmement sensibles captent les échos des ondes sismiques qui sont analysés. Les fréquences de ces échos changent en fonction de la forme et des caractéristiques de la roche qui les réfléchit. De cette manière, on obtient une image en trois dimensions qui synthétise le relief sous-marin, les couches géologiques, leur porosité et les hydrocarbures qu'elles contiennent éventuellement.

La phase d'exploration

Si les études sont concluantes, on passe à la phase d'exploration pour évaluer le volume du gisement. Les spécialistes installent alors une plateforme flottante équipée de derrick soutenant un trépan. Ces équipements servent à forer le sous-sol marin.

Une fois que le puits est foré, on relève les contenus du réservoir afin de vérifier la qualité. Des données supplémentaires permettent également de déterminer la quantité réelle d'hydrocarbure du gisement.

Si le gisement est rentable, on remplace le derrick en tête de puits. Ensuite, on enlève la plateforme en la remorquant sur un autre lieu. Une plateforme de production prend sa place. La phase d'exploitation peut alors commencer.

La phase d'exploitation

Pour que la production se passe dans les meilleures conditions, on installe des tubes qui acheminent le pétrole vers la surface. Un dispositif composé de manomètres et de vannes permet de régler le débit de pétrole.

À l'entame de l'exploitation, le pétrole jaillit sous la pression à l'intérieur de la réserve. C'est la phase de récupération primaire qui ne nécessite aucune assistance pour augmenter le débit. Pour sécuriser le puits, on met en place un bloc d'obturation ou BOP pour éviter la fuite.

Au fur et à mesure de l'exploitation, la pression diminue et le débit de pétrole baisse au même rythme. Dans ce cas, la récupération assistée est nécessaire. Il consiste à injecter de l'eau sous pression à travers un puits périphérique. Plus léger, le pétrole est poussé par le fluide vers le haut. C'est la phase de récupération secondaire.

Bien que la réserve contienne encore des hydrocarbures, on arrête l'exploitation quand la production n'est plus rentable.

Les potentialités du pétrole en mer

Philia SA juge que le pétrole offshore a beaucoup de potentialités. Il représente 20 % des réserves mondiales et 30 % de la production actuelle viennent également de la mer. Pourtant, le coût de production offshore est plus important par rapport à l'onshore.

En effet, les contraintes d'une exploitation sur le large mobilisent beaucoup de moyens. Ainsi on a besoin de navires, de plateformes flottantes, d'équipements de forage plus complexes, de dispositifs de sécurité plus importants.

C'est la raison pour laquelle les sociétés d'exploitations pétrolières nationales se consacrent en général sur les exploitations onshore. Ainsi, les gisements offshores sont souvent accordés à des compagnies pétrolières privées, constituant une opportunité à saisir pour Daniel Ndiaye, chargé de développement au Philia SA.